Il Tutoie Les Stars Américaines

Jean-Robert Barbette a quitté Beaufays pour Aspen, oú il ouvert un centre de fitness. Il y entraîne les stars d’Hollywood.

Jean-Robert jouait les bad boys lors de chaque soirée.  A peine dix - sept ans it un avenir sombre s’annonce pour lui. Voyant le ciel bouché il décide de prendre son balu- chon et de poser ses affaires en France. Le début de la grande aventure.

“J’avais très peu d’éducation, puisque j’ai arrêté l’ecole à 14 ans. Je suis resté une di- zaine d’années en France. J’y ai exercé tous les métiers du monde: serveur, maçon, saisonnier lors des vendanges, et même videur de boîte, vu mon passé de judoka. Un jour, je suis parti à Hawaï pour quinze jours. Je suis resté là-bas deux mois. Avant de retourner en France, un copain qui habitait Aspen, dans le Colorado, m’a invité à passer quelques jours chez lui. Le coup de foudre. La neige, les montagnes, une ville de fous.”   Il y réside durant un an. Il vit de leçons de ski et de l’importation de monoskis.

L’Europe, C’est Fini

Rentré en France, il ne supporte plus l’Europe, sa manière de vivre et de faire. Notre homme repart donc aux States avec 20.000 francs en poche et sans connaître l’Anglais. Mais, à peine a-t-il posé le pied sur le sol américain que les ennuis commencent. “En fait, l’immigration m’est tombée dessus, car j’étais entré la première fois aux USA avec un permis touristique français. Les contrôleurs ont pris mon carnet d’adresse et ils ont téléphone à tous les numéros américans. Il se sont alors aperçu que j’avais travail-

Rentré en France, il ne supportait plus l’Europe, sa manière de vivre et de faire lé illégalement. Après 7 heures d’interrogatoire, ils m’ont surveillé 24 h sur 24 avant de me pousser dans un avion. J’étais en fait éjecté pour deux ans du terrioire U.S.”

Mais Jean-Robert voulait faire carrière aux States, et ce n’était pas un problème administratif qui allait l’arrêter. Il faisait valider son passeport... beige, et trois semaines plus tard il s’installait à Aspen. Son rêve américain pouvait prendre forme. Pendant deux ans. Il exerce la fonction d’entraîneur dans une salle. Il gagne 8 dollars de l’heure (350 FB).

Un beau jour, il quitte les lieux et devient, durant six mois, entraîneur particulier itinérant. Aspen lui manque. Il re tourne finalement dans le Colo- rado, où il loue 60 mètre carer pour commencer son activité. “Le premier mois, j’ai travaillé pour payer mon loyer. C’était au début des années 90. Je suis resté dans cette piéce hu- mide où il n’y avait pas beaucoup de lumiére durant 3 ans. C’était un passage oblige pour me faire connaître et être en règle administrativement.”

Le Grand Boom

En 1994, Jean-Robert trouve un autre local. “J’ai pourtant ramé, car il m’a fallu emprunter beaucoup d’argent - je n ’avais pas un sou. Je me suis donc endetté pour environ 1,5 million de francs beiges. Durant un an et demi, cela a bien fonctionné. Puis le propriétaire des lieux m’a signifié que si je voulais continuer à louer, je devais prendre les 400 metre carer au lieu des 100 que j’occupais. Je venais à peine de rembourser mes dettes. Je suis donc reparti pour un tour de carrousel avec cette fois un emprunt de 2,5 millions pour la caution uniquement. L’espace inoccupé, je le relouais. Finalement, j’ai décidé qu’il me fallait grandir, et j’ai cassé les murs pour occuper la surface total - dont coût: 8 millions.” 

A force de construire brique par brique, Jean-Robert a ac- compli son rêve: devenir pro- fesseur de sport. Il a entraîné Emerson Fitipaldi, Michael Douglas, Johnny Depp, Cet été, c’était au tour de Don Johnson. Et la success story ne fait que commencer.

“Continuez à rêver!”

Alors qu’il a atteint un certain standing de vie et le top au niveau du fitness aux USA, Jean Robert Barbette reste les pieds sur terre. Une confession étonnan- te pour quelqu’un qui se definit lui - méme comme un leader. “Je suis parti pour relever le challenge, tenter un défi un peu fou. Je me rends compte que l’avantage d’ avoir de l’argent, c’ est qu’ on peut en donner pour aider autrui. D’ ailleurs, je n’ai pas oublié d’oû je viens. Par contre, le matériel informatique sont du dernier cri.” Avec le recul, le plus belge des habitants d’ Aspen ne s’imaginait pas en haut de l’affiche. “Je suis arrivé plus loin que mes rêves. d’ailleurs, je conseille à tout le monde de continuer à rêver.”

Qualité de vie

Gagner de l’argent, c’est bien, mais ce n’est pas un but en soi. “Entraîner des stars, cela paye le loyer, mais c’est entraîner les jeunes et les per- sonnes de plus de 70 ans qui me procure le plus de joie. C’est une clientéle avec laquelle je m’associe. Je fais avant tout un métier de prévention.” Avec 37.000 heures de cours, Jean-Robert est devenu un des pontes dans son do- maine. Malgré ses 38 ans, il a un esprit visionnaire. “Dans 10 ans? Jean-Robert Gym existera toujours, mais j’ entraînerai certainement moins.

Je me vois plutôt à la téte d’une équipe. Pour moi, la qualité de vie prévaut sur l’ar- gent. J’adore m’entraîner 2 h par jour, aller rouler, jouer hoc- key... C’est pour cette raison que je souhaiterais m’accorder encore plus de temps: aller skier 2 ou 3 heures au lieu d’une, disputer deux rencontres de hockey par semaine... Mais il me faut à chaque fois repasser par le bureau pour voir si tout fonctionne bien.” Millionaire à 60 ans, c’est pas son truc, assurément. 

- Jérome Jacot

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